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Décret PPPT du 25 avril 2022 : contenu du plan pluriannuel de travaux et compétences du prestataire

Le décret n° 2022-663 du 25 avril 2022 met en application l’article 14-2 de la loi du 10 juillet 1965 issu de la loi Climat et Résilience. Il précise ce que doit contenir le projet de plan pluriannuel de travaux (PPPT), sur quelles bases il est établi, quelles compétences, garanties et règles d’indépendance s’imposent au professionnel qui le réalise. Cette fiche traduit le texte en points de contrôle pour les syndics et les conseils syndicaux qui consultent des prestataires.

Par l’équipe Éco-Propriété · Mis à jour le 1er septembre 2026 · 7 min de lecture · Audience : Syndics, conseils syndicaux, diagnostiqueurs, architectes, bureaux d’études

L'essentiel à retenir

1. Le cadre : de la loi au décret

L’article 171 de la loi Climat et Résilience a inscrit à l’article 14-2 de la loi de 1965 l’obligation d’élaborer un projet de plan pluriannuel de travaux dans les copropriétés d’habitation de plus de quinze ans. La loi renvoyait à un décret le soin de fixer les modalités : ce texte est le décret n° 2022-663 du 25 avril 2022, codifié aux articles D731-1 et suivants du Code de la construction et de l’habitation, à la suite des dispositions relatives au diagnostic technique global. Il s’applique aux PPPT élaborés depuis le 1er janvier 2023.

2. Les copropriétés concernées et le calendrier

Sont concernés les immeubles à destination totale ou partielle d’habitation soumis au statut de la copropriété et achevés depuis plus de quinze ans.

Nombre de lots (tous lots confondus)Obligation depuis le
Plus de 200 lots1er janvier 2023
51 à 200 lots1er janvier 2024
50 lots au plus1er janvier 2025
La dispense prévue par la loi joue lorsqu’un diagnostic technique global de moins de dix ans ne fait apparaître aucun besoin de travaux dans les dix années suivantes. Le calendrier détaillé et les conséquences d’un défaut de PPPT sont développés dans notre article PPPT obligatoire : à partir de quand ?.

3. Les bases de l'élaboration

Le décret impose que le projet de plan soit élaboré à partir de trois sources :

  • une analyse du bâti et des équipements de l’immeuble, réalisée sur place : structure, façades, toitures, menuiseries, réseaux, chaufferie, ventilation, ascenseurs, sécurité incendie ;
  • le DPE collectif de l’immeuble, ou à défaut un audit énergétique ;
  • le diagnostic technique global lorsqu’il existe, dont le PPPT reprend les conclusions.
Le prestataire consulte également le carnet d’entretien, les diagnostics existants (amiante, plomb, termites, ascenseurs, chaufferie), les procès-verbaux d’assemblée et l’historique des travaux. Un relevé documentaire complet, préparé par le syndic, réduit sensiblement le coût de la mission.

4. Le contenu du projet de plan

Conformément à l’article 14-2 de la loi et à l’article D731-3 du CCH, le projet de plan pluriannuel de travaux comprend :

  • la liste des travaux nécessaires à la sauvegarde de l’immeuble, à la préservation de la santé et de la sécurité des occupants, à la réalisation d’économies d’énergie et à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, y compris les travaux d’intérêt collectif sur parties privatives ;
  • une estimation du niveau de performance énergétique et de la performance en matière d’émissions que ces travaux permettent d’atteindre, en référence aux classes du DPE ;
  • une estimation sommaire du coût de chaque poste et sa hiérarchisation selon l’urgence et l’intérêt ;
  • une proposition d’échéancier répartissant les travaux sur dix ans.
Le décret précise que les travaux d’économie d’énergie doivent être compatibles avec l’objectif de rénovation performante défini à l’article L111-1 du CCH : le plan doit, dans la mesure du possible, mener l’immeuble vers les classes A ou B, ou C en cas de contraintes. Notre prestation PPPT livre ces éléments sous forme d’un rapport et d’une synthèse pour l’assemblée (devis sur /devis/pppt/).

5. Compétences, assurance et indépendance du prestataire

Le décret aligne les exigences du PPPT sur celles du diagnostic technique global (décret n° 2016-1965 du 28 décembre 2016). Le professionnel, personne physique ou morale, doit :

  • justifier de compétences : diplôme de niveau bac + 2 minimum dans le domaine des techniques du bâtiment, ou expérience professionnelle d’au moins trois ans dans ce domaine, complétées par des compétences en thermique et en performance énergétique (les architectes, bureaux d’études thermiques, ingénieurs bâtiment et diagnostiqueurs qualifiés y répondent en général) ;
  • être couvert par une assurance de responsabilité civile professionnelle pour cette activité ;
  • attester sur l’honneur de son impartialité et de son indépendance à l’égard du syndic, des fournisseurs d’énergie et des entreprises susceptibles de réaliser les travaux, ainsi que de l’absence de tout lien de nature à porter atteinte à son objectivité.
Ces justificatifs sont joints à l’offre et vérifiés par le conseil syndical. Pour un DPE collectif intégré, le prestataire (ou son sous-traitant) doit en outre être diagnostiqueur certifié avec la mention bâtiment. Vous pouvez comparer des professionnels dans notre annuaire.

6. De l'élaboration à l'adoption en assemblée

La décision de faire élaborer le PPPT est votée à la majorité de l’article 24. Le projet, une fois remis, est présenté à la première assemblée générale qui suit. Si le projet fait apparaître des besoins de travaux dans les dix ans, le syndic inscrit à l’ordre du jour de la même assemblée ou de la suivante la question de l’adoption de tout ou partie du projet, votée à la majorité de l’article 25 (passerelle de l’article 25-1 issue de la loi Élan). Le plan adopté devient le plan pluriannuel de travaux ; il est actualisé tous les dix ans, et le syndic inscrit chaque année à l’ordre du jour les décisions relatives à sa mise en œuvre. Il fixe le niveau minimal du fonds de travaux (2,5 % du montant des travaux prévus, au moins 5 % du budget prévisionnel). Le plan et le PPPT sont tenus à disposition des copropriétaires et remis aux acquéreurs de lots. La transition du plan vers un projet de rénovation financé relève de l’étape Définir mon projet, avec l’appui d’un AMO.

À retenir

Le décret du 25 avril 2022 fait du PPPT un document normé : bases (analyse du bâti, DPE collectif, DTG), contenu (liste, performance, coûts, échéancier sur dix ans) et prestataire qualifié, assuré et indépendant. Exigez ces éléments dans chaque devis ; un PPPT incomplet devra être refait et ne permettra pas de fixer valablement le fonds de travaux.

Point de vigilance majeur

Le PPPT reste un « projet » tant que l’assemblée ne l’a pas adopté. Un syndic qui se contente de le faire élaborer sans inscrire son adoption à l’ordre du jour ne remplit pas ses obligations, et la copropriété conserve un fonds de travaux calculé sur le seul budget prévisionnel. Vérifiez que la convocation comporte bien les deux résolutions.

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